Descriptions du produit:
Présentation de l'éditeur
Avec une réunion unique de sculptures des peuples kôngo, le musée Dapper
décline, pour la première fois, la thématique du geste dans la
statuaire.Tout en rappelant l'importance de la culture kôngo et de sa
très grande influence en Amérique, le livre d'art qui accompagne l'exposition
éclaire la symbolique des mouvements et des positions du corps.
L'ensemble des objets de cette nouvelle exposition porte, à travers les
gestes, les signes unificateurs et les croyances des peuples kôngo. En
choisissant de mettre en scène les signes corporels, le musée Dapper
propose un élargissement de la perception des pièces d'arts africains,
où le geste fait partie du sens de l'objet. Avec des pratiques
esthétiques d'une grande richesse, la production plastique des Kôngo
constitue un langage, un discours métaphysique, voire idéologique,
proposé à la collectivité. Le monde et la vie s'y décodent comme dans
une encyclopédie, chaque élément de l'espace terrestre ou cosmique étant
soigneusement expliqué. Au cours des cinq siècles écoulés, les peuples
kôngo ont suscité de nombreux témoignages, faisant de ce groupe l'un des
plus étudiés et des plus connus du continent africain. Vivant
principalement au Congo, en République démocratique du Congo, avec une
extension en Angola et au Gabon, les Kôngo réunissent de nombreux
peuples, principalement les Kôngo proprement dits, les Vili, les Wôyo,
les Bêmbé, dont les liens linguistiques, historiques et culturels sont
extrêmement forts. Ils entretiennent aussi des relations étroites avec
de proches voisins, tels les Téké. Doués du pouvoir d'exprimer la
tradition par des gestes et des signes, mémoire et reflet des
expériences vécues, les Kôngo considèrent que la gestuelle ouvre à la
compréhension du monde et de soi-même. tus que des formes
transitoirement données au corps, les gestes kôngo sont, au plus fort de
leur expression, de véritables incantations. L'importante culture du
royaume de Kongo a été transmise par le langage corporel. Les attitudes,
de même que les positions qu'emprunte la statuaire, révèlent un vaste
répertoire où chaque partie du corps, y compris les yeux et la bouche,
participe d'une gestuelle des plus élaborées, avec des traits récurrents:
position debout, semi fléchie, agenouillée, bras levé, mains sur les
hanches. Des millions d'esclaves africains transplantés aux Amériques
entre 1500 et 1870, plus d'un tiers venaient du Kongo ou d'Angola.
L'influence de l'art kôngo s'est ainsi diffusée dans toutes .les
Amériques noires à travers la danse, la musique et la gestuelle. Cette
exposition offre la possibilité de voir réunies pour la première fois
des pièces majeures conservées dans de grands musées (tant en France qu'à
l'étranger) et dont quelques-unes d'entre elles ont été rarement
présentées au public. Chaque oeuvre a été sélectionnée pour son attitude
ou pour son geste représentatifs, mais aussi pour la qualité ou l'originalité
de sa facture. Des grandes sculptures impressionnantes, hérissées de
clous ou de lames en fer, aux statuettes d'un naturalisme raffiné,
toutes les pièces traduisent une esthétique forte qui ne peut laisser
indifférent. Animé par la volonté d'élargir le champ des arts africains
anciens aux expressions contemporaines de l'Afrique et de ses diasporas,
le projet annoncé lors de l'ouverture et mené depuis deux ans connaît,
après plusieurs manifestations, un bilan positif.
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