Descriptions du produit:
Présentation de l'éditeur
De lointaines racines africaines, le jazz est sorti des bastringues de
la Nouvelle-Orléans pour devenir l'événement musical majeur du XXe
siècle. De même, des objets étranges venus d'Afrique, sortis des malles
des missionnaires, des médecins et des administrateurs coloniaux, sont
passés du Musée d'Ethnographie au Musée d'Art et d'Histoire où ils ont
acquis leurs lettres de noblesse. C'est un événement. Au moment où l'art
africain fut révélé dans sa forme à Picasso, Matisse, Breton et les
autres, notre art s'est transformé. La différence de perception entre
notre approche de cet art et la sensibilité de ceux qui créèrent l'art
moderne réside dans le fait, qu'aujourd'hui, le sens même des objets
tribaux acquiert une importance qui fut négligée à l'époque de leur
découverte. Cet ouvrage donne un éclairage sur l'incroyable paradoxe de
la diversité et de la cohérence de l'art africain. Il montre, par la
statuaire et son art du masque, ce qu'il y a de particulier dans la
nature intellectuelle africaine et sa contribution à l'histoire
culturelle et intellectuelle de l'humanité. Durant 50 ans Serge
Diakonoff a parcouru le monde pour constituer une collection de plus de
900 masques et sculptures. Il nous invite ici à poser un regard sur la
production artistique de l'Afrique Noire, à en discerner les différents
styles et à comprendre les motivations de leurs créateurs. Par cet
ensemble inédit et à travers une sélection remarquable et représentative
de cet art, il nous montre des objets peu courants ou atypiques, parfois
totalement absents de l'iconographie africaine classique. L'ensemble des
légendes d'accompagnement, ainsi que quelques textes explicatifs,
donnent une idée globale de la spiritualité de l'Afrique Noire et des
raisons qui ont conduit ses peuples à produire un art autochtone d'une
grande invention et d'une telle diversité.
Biographie de l'auteur
Serge Diakonoff. Né à Genève le 28 octobre 1933 de parents russes, il
est jusqu'à présent resté apatride. Son père, ingénieur-chimiste, fut
actif au Congo-Brazzaville dans la région de Mindouli durant les années
vingt. Amoureux de l'Afrique, la chaleur de ses récits a marqué l'enfance
de son fils qui, dès sa prime jeunesse, manifeste une attirance pour les
arts tribaux. Serge Diakonoff a étudié à Genève où il fréquenta les
écoles d'art. Son esprit marginal l'a tenu à l'écart des milieux
officiels de l'art. Professionnellement, il partage son temps entre
peinture et décors de théâtre. Il a exposé ses œuvres dans divers pays
d'Europe et aux Etats-Unis et il a réalisé plus de 80 décors de théâtre
à Genève, mais aussi à Paris, au Théâtre des Champs-Elysées, au Carré
Sylvia Montfort et à l'Opéra. Il a travaillé avec François Simon,
Herbert Graf, Rolf Liebermann, Jeannine Charrat, Serge Golovine, Rosella
Hightower, Sylvia Montfort et bien d'autres. En 1976, il fait œuvre de
pionnier en exécutant des peintures-portrait sur la peau de ses modèles,
en particulier sur Miralda Rochat. Un premier livre est sorti: "Miralda
ou peintures sur un visage" suivi de "A Fleur de Peau", puis "Métamorphoses".
Ce travail fera le tour de la planète et ouvrira une voie à de nombreux
artistes. Ayant établi des liens avec l'Afrique, il commence à acquérir
des pièces dès l'âge de 20 ans, sans cesser depuis lors. Il porte un
intérêt particulier à la signification des œuvres qu'il recherche et
réunit ainsi une collection de plus de 900 pièces de grande diversité,
couvrant l'ensemble des courants stylistiques africains. Dès 1961, il
organise plusieurs expositions sur ce thème. En 1982 il a reçu la
médaille de vermeille de la Société d'Encouragement au Progrès des mains
de Jean Mistler, secrétaire perpétuel de l'Académie française. Deux ans
plus tard, la France l'a nommé Chevalier dans l'Ordre des Arts et des
Lettres. Cet ouvrage est l'expression d'un regard passionné de cinq
décennies consacrées à l'Art Africain, en quelque sorte le bilan d'un
collectionneur.
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